Ouroux en Morvan fait son cinéma (2)

 

 

BP1_1691.jpg
Mathieu Leygonie et Céline Gauthier : coup de foudre en cuisine ©Jean Luc Luyssen

 

Le 11ème festival de courts métrages « Partie (s) de campagne » organisé par l’association « Sceni qua non » se déroulera à Ouroux-en-Morvan du 12 au 15 juillet. On tremblera devant les écrans avec la thématique « Frissons » et on sourira aux comédies scandinaves. Mai 68 sera aussi à l’honneur. Les tarifs, les programmes, les endroits où dormir, ceux où manger etc. sont au bas de cet article. Mais pour l’heure, place aux quinze portraits des bénévoles et salariés, qui ont fabriqué le précédent festival. Ils étaient là l’an dernier et seront tous là cette année.

C’est un remake. Cette année, une nouvelle fois, au festival de courts métrages « Partie(s) de campagne » à Ouroux-en-Morvan, j’en étais. Et ce, pour le dixième anniversaire. J’en ai profité pour goûter le gâteau qui a clôturé les quatre jours de manifestation et qui a été concocté par « Nini », que j’ai pris pour un gros bras, mais qui, dans la vraie vie, a été pâtissier. Le gâteau était crémeux à souhait, un délice.

Cette fois-ci avec Jean Luc Luyssen, le photographe, nous avons décidé d’être « backstage » comme on dit dans les défilés de mode, c’est à dire d’aller à la rencontre de ceux qui préparent et font le festival. Les bénévoles : une bonne soixantaine, les salariés : une bonne dizaine

Cap donc sur les projectionnistes, les cuisiniers, les techniciens, les régisseurs, les chauffeurs, les barmaids, les affectés au plan Vigipirate (il y en avait deux aux deux entrées), Simon, le chroniqueur au jardin de Jeanne, qui tous les matins à 10h donne la parole aux réalisateurs et aux festivaliers, les employés à la billetterie et j’en passe.

La tâche était assez rude, car tous ces gens sont débordés. Nicolas Barral, le directeur du festival, a interrompu l’entretien pour une urgence ; Ninon Barat, chargée de la communication, a changé d’heure et de jour de rendez vous quatre fois etc. J’ai raté la belle Solenn aux yeux clairs, ; Manu que j’ai entendu lire des poèmes de Walt Whitman dans le bois où les festivaliers font la sieste, seul ou à deux, dans des hamacs ; Benoît le projectionniste à bouclettes, et j’en passe.

Quand même, je me suis rendue tous les matins, à 9h, avec Alastair mon hébergeur, acheter une quinzaine de baguettes à la boulangerie d’Ouroux pour le petit déjeuner chez « la Jeannette ». Cette année, Burké, une jeune mongole était de la balade. L’an dernier, elle ne parlait pas un mot de français. Cette année, à cinq ans, après un an d’école, elle parle comme vous et moi.

J’ai bien noté que la tendance chez les techniciens, régisseurs et projectionnistes, était au bermuda multi-poches, au tee-shirt noir et siglé, aux cheveux tirés et terminés par une courte queue de cheval, aux anneaux à l’oreille et à un manifeste goût pour les trois sortes de bière distribuées par une brochette de jolies filles au bar du festival.

J’ai retrouvé sur le marché dominical, la jeune pépiniériste hollandaise qui vendait l’an dernier des géraniums bleus et à qui j’ai acheté deux pots de potentille.

De tous les entretiens que j’ai eus, je retiens l’essentiel, il existe de par le monde, et précisément là, des gens pour qui la vie a un sens, ou du moins des gens qui ont envie de lui donner du sens. Ce n’est pas rien.

L’amour était aussi dans le paysage. Mais là, c’était plutôt côté cuisines. Rose, qui a préparé pendant quatre jours, la nourriture des bénévoles, n’en a que pour son « barbu » ; Céline et Mathieu qui, préparent trois cents repas par jour, m’ont raconté leur coup de foudre, et j’ai vue Marie, une autre cuisinière, échanger un baiser d’amour avec Vincent, le responsable du décor et de la construction.

Dernière bonne nouvelle. J’ai rencontré André Guyollot, dit « Dédé », le maire, qui m’a annoncé la naissance d’une salle de cinéma et d’une médiathèque à Ouroux. Une salle de soixante quatre places adossée à la poste. Le conseil municipal a hésité sur le nom : « Le maquis » en hommage au maquis Bernard, car Ouroux a été pendant la 2ème guerre mondiale un haut lieu de résistance.

Finalement, ce sera « Le CLAP ». Acronyme pour cinéma, littérature, art et poste. C’est plus modeste mais cela permettra aux 649 habitants du village et aux cinéphiles d’ici et d’ailleurs, d’avoir accès au cinéma.

Les futurs festivaliers bénéficieront d’une salle en plus, et c’est nécessaire car cette année, certains se sont cassés le nez, sur des salles bondées. Preuve que Partie (s) de campagne ne manque pas d’adeptes. Quelques trois mille spectateurs investissent les gîtes, les campings et les chambres d’hôte et viennent de toute la Nièvre et même de la France entière pour en être. En route donc pour le onzième festival. Et, pour l’heure, place à ceux qui le fabriquent.

BP1_1576.jpg
Nicolas Barral, le directeur du festival ©Jean Luc Luyssen

 

Tous les portraits sont à lire sur le site de  » Sceni qua non“

http://www.sceniquanon.com/festival-partie-de-campagne/

Le programme et les infos pratiques :

PG_PCampagne 1 (1)